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Un été Niortais - Hervé Gautier
Editions du Petit Pavé
lundi 9 mars 2009, par Louis

Il n’y a pas que la culture parisienne, il y a aussi une autre culture, une autre manière de vivre, provinciale, locale et dont Niort pourrait être le symbole. Et pourquoi cette culture-là, n’autait-elle pas sa littérature et ses auteurs et même ses éditeurs ?

Pourquoi n’aurait-elle pas quelque chose à se dire et à nous dire qui soit tout aussi important que ce que dit la littérature nationale celle qui s’est arrogé le droit de se dire officielle, et qui avec le Lagarde et Michard et avec la puissance de l’Education Nationale dans ce pays jacobin s’est imposée comme la seule littérature possible.

Il y a des hommes et des femmes qui ont choisi délibérément de vivre une vie moins agitée, sans doute moins stimulante mais aussi plus sage, où l’évolution des idées se fait peut-être plus lentement mais plus en profondeur qu’à Paris et ces hommes et ces femmes-là ont assurément quelque chose à nous dire dans un monde qui - à force de vouloir tout changer et de se croire omniscient - nous conduit petit à petit dans ce que l’on voit bien, aujourd’hui, être une impasse.

Hervé Gautier plaide pour ces hommes et ces femmes-là, avec humour et humilité, il décrit son héros comme un être sans ambition mais nous le montre fin connaisseur de sa ville et de son histoire et l’on se prend d’amitié pour cet homme qui se tient à l’écart du monde, qui refuse d’entrer dans le camp de ceux qui réussissent en écrasant les autres - on a envie d’ajouter à la suite de la parole révélatrice de Jacques Ségala, et en nous faisant bien voir leur Rolex.

Et en même temps on a l’impression qu’Hervé Gautier nous décrit son propre livre comme un roman d’apprentissage, François Gabriel, le héros, découvrant à la suite de cette aventure quelque peu policière - roman à suspens est-il écrit en tête du livre - qu’il s’est rapproché de ses semblables et a brisé un peu de son isolement de vieux garçon.

Tout ici est dans la modération, et si l’auteur voit parfois son personnage comme un asocial, il ne manque pas de nous faire aimer son refus de la soi-disant modernité.

Un roman en parfait accord avec la ville qu’il décrit. Roman provincial au meilleur sens du terme que l’on aura plaisir à lire.

Louis

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